Le tchat Maintenant J’en Parle est une initiative qui émane de l’équipe SOS Enfants de Namur.

Mais en quoi consistent les équipe SOS Enfants ?

Les équipes SOS Enfants ont été créées en 1984 à la suite d’une recherche-action menée en 1979 par l’O.N.E. (Office de la Naissance et de l’Enfance) et des hôpitaux universitaires.

Quelles sont les missions des équipes SOS Enfants ?

 

Les équipes SOS Enfants sont régies par le décret maltraitance du 12 mai 2004 qui précise entre autres, leur public cible (les enfants de 0 à 18 ans), leur composition : psychologues, assistantes sociales, juriste, pédiatre ou médecin généraliste, pédopsychiatre et secrétaires ainsi que leurs missions.

 

Les missions attribuées aux équipes SOS Enfants :

 

  • La prévention individuelle et le traitement des situations de maltraitance, d’initiative ou à la demande de toute personne s’inquiétant pour un enfant.
  • L’établissement d’un bilan pluridisciplinaire de l’enfant et de son milieu de vie. Ce bilan peut être réalisé à l’initiative de l’équipe en réponse aux inquiétudes d’un(e) non professionnel(le) ou à la demande d’un mandant tel que le Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ) ou le Service de Protection Judiciaire (SPJ).
  • La mise en place d’une aide appropriée à l’enfant déjà victime ou en situation de risque de maltraitance. Pour ce faire, les équipes apportent une aide au milieu de vie de l’enfant en créant si nécessaire des synergies avec le réseau socio-médico-psychologique.
  • L’établissement de toute collaboration utile avec notamment, l’ONE, le SAJ, le SPJ.
  • La collaboration aux campagnes de prévention, d’information et de formations des professionnels.

A titre complémentaire, le développement d’actions spécifiques : à Namur, le Tchat « Maintenant J’en Parle » est l’une de ces actions spécifiques.

 

Les équipes SOS Enfants sont donc des équipes pluridisciplinaires. Celles-ci sont subsidiées par la Fédération Wallonie Bruxelles via des subsides alloués à l’O.N.E. Il existe 15 équipes SOS Enfants réparties en Fédération Wallonie Bruxelles. Elles sont compétentes par arrondissement judiciaire. Parmi ces 15 équipes, certaines sont intra hospitalières, d’autres sont extra hospitalières. Les coordonnées des équipes SOS Enfants se trouvent sur le site de l’ONE :

Les équipes SOS Enfants – Professionnel – Office de la naissance et de l’enfance

 

Concrètement :

 

Les équipes SOQ Enfants sont des services de première ligne, c’est-à-dire que toute personne s’inquiétant de la situation d’un enfant de moins de 18 ans peut faire appel à elles, que ces personnes soient des professionnel(les) ou non.

Les équipes SOS Enfants assurent des permanences téléphoniques du lundi au vendredi pour accueillir les demandes et disposent d’un répondeur pendant les soirées et les week-ends.

Les consultations ont lieu dans leurs bureaux mais il existe également des possibilités de déplacements vers le domicile et vers les différents intervenants professionnels concernés par l’enfant.

Les équipes SOS Enfants proposent un service gratuit. Elles travaillent en collaboration avec le réseau mais ne sont pas des services d’urgence.

 

Pour quels types de maltraitance les Equipes SOS Enfants interviennent-elles ?

 

 

• La négligence :

 

Situation dans laquelle le(s) parent(s) ou le(s) responsable(s) de l’enfant, ​

met(tent) délibérément ou involontairement, l’enfant dans un état de carence affective, médicale, sociale, éducative, etc.​

 

• La maltraitance physique :

 

Il s’agit de tout traumatisme physique non accidentel répété ou non, infligé aux enfants : les coups, le syndrome du bébé secoué, les morsures, les brûlures, etc.

 

• La maltraitance psychologique :

 

Il s’agit de graves distorsions dans les relations parent(s)/enfant(s).

L’enfant est pris, intentionnellement ou non ​ :

Dans des représentations constamment négatives : rejet, punitions excessives, discours très disqualifiant, humiliations, menace d’abandon, déni des besoins de l’enfant, chantage affectif, insultes, critiques constantes​,

Dans des projections déstructurantes (surévaluation de ses capacités ou déni de ses fragilités)​,

Dans des investissements affectifs excessifs (trop grande proximité), ​

Dans des séparations parentales hautement conflictuelles

• Les violences sexuelles :

 

Il s’agit de tout acte sexuel imposé à autrui. La question du consentement​ est primordiale, elle est abordée dans un autre article de notre blog. Le consentement : que dit la loi belge ? – Maintenant j’en parle

Il s’agit d’une infraction pénale et d’une transgression. C’est donc punissable par la loi.​

Les violences sexuelles peuvent se produire au sein d’une famille ou en dehors de celle-ci. On parlera d’abus sexuel intra ou extra-familial (viol, attouchements, inceste, fétichisme, etc.)​

Il peut aussi s’agir d’un climat incestuel : allusions au corps, ambiance malsaine, voyeurisme, etc.

La violence sexuelle est aussi une violence psychologique​.

Les violences sexuelles peuvent également se produire en ligne : harcèlement, grooming, sexting, revenge porn, etc.

Lors du dévoilement de la violence sexuelle, la question de la plainte est à envisager avec la victime.

 

• La maltraitance institutionnelle :

 

Quand les pratiques de l’aide et de la protection de l’enfant apportent plus de souffrance qu’elles n’en soulagent ​:

L’incohérence dans les décisions et objectifs poursuivis, l’instabilité des placements, les décisions de placement non effectives, les retours non préparés en famille, les conflits avec les éducateurs ou les familles d’accueil, etc.

Le parcours institutionnel de l’enfant maltraité peut devenir maltraitant (placements multiples à des endroits différents)​.

La maltraitance au sein de l’institution qui héberge l’enfant, soit par un professionnel soit par un autre jeune​.

Le non-respect des droits de l’enfant et de sa famille​.

 

• Les enfants témoins/victimes de violences conjugales :

 

La présence des enfants lors d’épisodes de violence conjugale est désormais considérée comme la forme la plus fréquente et la plus insidieuse de maltraitance infantile, ayant à long terme les mêmes conséquences que la maltraitance physique.​

 

• Les situations dites « à risque » :

Il s’agit d’enfants dont les conditions d’existence risquent de mettre en danger leur santé, leur sécurité, leur moralité, leur éducation.​

 

Comment fonctionne une équipe SOS Enfants ?

En Belgique, nul n’est soumis à l’obligation de dénoncer une situation de maltraitance dont il aurait connaissance. Cependant, tous, citoyens et/ou professionnel(les) avons l’obligation de tenter de venir en aide à l’enfant maltraité ou suspecté de l’être et ce, notamment, en faisant appel aux équipes SOS Enfants. Si l’aide se révèle impossible à concrétiser, le secteur protectionnel doit être interpellé via le Service de l’Aide à la Jeunesse.

Chaque situation référée à une équipe SOS Enfants peut faire l’objet d’une rencontre avec la personne qui signale la situation à risque et d’une analyse de la demande de celle-ci : est-ce que SOS Enfants peut aider dans cette situation ? Ce travail de réception et d’analyse de la demande est effectué en général par un binôme de permanence constitué d’un(e) psychologue et un(e) assistant(e) social(e).

Les équipes SOS Enfants ne travaillent pas sous couvert de l’anonymat de la personne qui sollicite l’aide. C’est-à-dire que la personne inquiète est amenée à informer la famille ou l’autre parent (l’autorité parentale conjointe est à respecter dans le processus) de sa démarche vers le service. La démarche vers SOS Enfants ne constitue donc pas une plainte au sens judiciaire du terme mais bien une recherche d’aide pour l’enfant et sa famille. Si la personne inquiète qui signale l’enfant souhaite, pour une raison ou l’autre, garder l’anonymat il sera orienté au mieux vers une autre instance.

L’étape suivant la réception et l’analyse de la demande consiste à entrer en contact avec les parents de l’enfant concerné. Ensuite, l’équipe rencontre l’enfant, pour autant qu’aucun parent ne s’y oppose.

Toute nouvelle situation est abordée en réunion clinique pluridisciplinaire qui se déroule hebdomadairement et fait l’objet d’une réflexion régulière au fil de la prise en charge.

Au travail d’évaluation de la situation de l’enfant peut succéder un travail thérapeutique avec l’enfant et sa famille en fonction de la possibilité de mise au travail des différents membres du système.

La durée de la prise en charge peut varier en fonction de la situation et sera clôturée lorsque la situation de l’enfant est stabilisée et ne nécessite plus l’intervention de l’équipe psycho-médicosociale. Un relais peut également être pensé vers un autre service à la fin du suivi SOS Enfants si la situation le nécessite.

Chaque situation fait donc l’objet d’un regard social, psychologique, juridique et médical lors des prises en charge et la clôture du dossier doit faire l’objet d’une réflexion pluridisciplinaire lors d’une réunion clinique.

 

 

En conclusion, le Tchat Maintenant J’en Parle est un projet organisé et encadré par l’une des 15 équipes SOS Enfants dont les missions ont été décrites ci-dessus. L’expertise des équipes SOS Enfants apportée au projet du tchat permet une prise en charge de qualité grâce à la connaissance de la problématique des violences sexuelles sur mineurs, sur les enjeux et les conséquences sur le développement psychologique, relationnel et social des jeunes confrontés à ces situations.